Elle peut passer d’une attitude pragmatique, voire moralisatrice, à des délires imaginatifs échevelés.
Il est peut être temps qu’elle vous raconte une partie de son histoire, afin que vous vous y retrouviez dans le labyrinthe de miroirs réfléchissants qu’elle laisse derrière elle.
Vous la suivrez alors ou vous fuirez en courant. Tout dépend si vous êtes prêt à vous engager au fond du terrier en quittant votre zone de confort.
Projetons-nous dans la toute petite enfance d’Alice.
En rêve, alors qu’elle n’était haute que de 3 pommes, elle voyait un extraterrestre blond lui faire un signe de la main levée (ce signe, vous le connaissez, mais pour Alice, à cet âge, ce n’était qu’un salut amical), debout sur une planète trop petite pour lui et elle entendait ce message «Nous nous reverrons.»
Il faut dire qu’Alice avait des rêves très réalistes. Elle y volait et avec tant de facilité et de naturel que, dans la journée, elle s’essayait (en cachette, car au fond d’elle-même, elle savait bien que cela n’allait pas aboutir et que c’était ridicule) à décoller dans le couloir. Mais si un albatros aurait eu du mal à prendre son envol sur une si petite piste, la jeune Alice, elle, n’avait aucune chance.
Alors, désappointée, elle s’asseyait sur les marches de l’escalier et observait les grains de poussière virevolter dans la lumière, se demandant s’ils étaient autant de mondes habités. Elle se posait déjà trop de questions, Alice, s’interrogeant sur la perception des couleurs. Tout le monde voyait-il la même chose ? Elle avait en effet remarqué qu’en cachant tour à tour un de ses yeux, tout était nimbé d’une tonalité chaude puis d’une tonalité froide.
Si je vous donne tous ces détails, c’est pour que vous commenciez à mieux appréhender qui est Alice.
Alice a grandi, passé le bac avec succès et s’est lancée dans un cursus scientifique.
Elle étudie, cloîtrée dans sa minuscule chambre d’étudiante. Et une nuit, « on » la réveille et elle reçoit un message télépathique qui lui donnera une information qui se vérifiera le lendemain. Inutile de la questionner, elle ne rentrera pas plus dans les détails. Elle considère ce contact (attention, je vous vois déjà penser alien, non ce n’était pas du tout le ressenti d’Alice) comme une sorte de cadeau qui lui a été fait. La 1ère brèche dans son monde bien ordonné venait de s’ouvrir.
Dès lors, Alice fréquente souvent le rayon ésotérisme. Elle y découvre avec amusement cet anglais, avec son look bien britannique qui raconte sa vie en tant que lama tibétain. C’est un bon conteur, faute d’être un vrai lama, et Alice, quand elle n’arrive pas à dormir, tente ses méthodes pour sortir du corps (après tout, il y a peut-être du vrai dans ses histoires). Mais, en dépit de ses multiples tentatives, elle n’y arrive pas et se dit que décidément, tout cela n’est que fumisterie.
Puis Alice entre dans le monde du travail.
Et une nuit, sans qu’elle n’ait rien demandé, elle sent des mains saisir les siennes (oui, des mains…) et la tirer hors de son corps. Elle est secouée dans tous les sens. Les pires montagnes russes, à côté, ressemblent à une promenade de santé. Et en plus, elle ne voit rien. Les secondes sont interminables. Quand enfin, elle retourne sur le plancher des vaches, elle ouvre la lumière, effrayée, trempée de sueur au point que sa chemise de nuit en a changé de couleur (elle l’a gardée en souvenir). Pourtant Alice, d’ordinaire, ne fait jamais de cauchemars, elle reprend toujours le contrôle de ses rêves quand ceux-ci tournent mal. Et de toute façon, Alice n’avait aucunement eu l’impression de rêver.
Du coup, Alice reprend ses essais de sorties volontaires. Et après des centaines de tentatives infructueuses, un matin au réveil, alors que le soleil brille de tous ses feux, elle y parvient pour la 1ère fois. Ce sera sa plus belle sortie, la plus longue. Ironie du sort, elle se trouvera projetée sur son lieu de travail alors qu’elle est en week-end. Là, elle découvre la difficulté de se déplacer dans ce nouveau corps (un corps sans corps...) qu’elle n’arrive pas à orienter correctement (oui, son corps invisible a un haut et un bas), qui part comme une vrille à la moindre de ses pensées, qui a un mode de pensées différent, non analytique et qui se gorge de la beauté des couleurs du monde.
C’est aussi à cette période, qu’Alice, qui essaie désormais tous les trucs bizarres qu’elle lit dans les bouquins, se lance dans la torsion de cuillère façon Uri Geller. Un soir, allongée sur le lit, après plus de 20 minutes à regarder son ustensile de cuisine en le caressant du bout du doigt de temps en temps, histoire de voir s’il ne se passait pas quelque chose, le miracle se produit : la cuillère, pourtant d’excellente facture, devient molle, exactement comme du chewing-gum. Alice, stupéfaite, saute de son lit, tenant toujours la cuillère. Elle aurait pu l’enrouler en tire-bouchon, tant elle était molle. Mais, au summum de l’agitation, elle ne lui fait faire qu’un tour, la base de la cupule se déchire et malheureusement, la cuillère se rigidifie à nouveau quasiment immédiatement.
Depuis, Alice a tordu des cuillères à la main, histoire de comparer, mais si la cuillère chauffait et cassait, elle ne devenait jamais aussi malléable que ce fameux jour où elle a fini par se déchirer.
Du coup, Alice reprend ses essais de sorties volontaires. Et après des centaines de tentatives infructueuses, un matin au réveil, alors que le soleil brille de tous ses feux, elle y parvient pour la 1ère fois. Ce sera sa plus belle sortie, la plus longue. Ironie du sort, elle se trouvera projetée sur son lieu de travail alors qu’elle est en week-end. Là, elle découvre la difficulté de se déplacer dans ce nouveau corps (un corps sans corps...) qu’elle n’arrive pas à orienter correctement (oui, son corps invisible a un haut et un bas), qui part comme une vrille à la moindre de ses pensées, qui a un mode de pensées différent, non analytique et qui se gorge de la beauté des couleurs du monde.
C’est aussi à cette période, qu’Alice, qui essaie désormais tous les trucs bizarres qu’elle lit dans les bouquins, se lance dans la torsion de cuillère façon Uri Geller. Un soir, allongée sur le lit, après plus de 20 minutes à regarder son ustensile de cuisine en le caressant du bout du doigt de temps en temps, histoire de voir s’il ne se passait pas quelque chose, le miracle se produit : la cuillère, pourtant d’excellente facture, devient molle, exactement comme du chewing-gum. Alice, stupéfaite, saute de son lit, tenant toujours la cuillère. Elle aurait pu l’enrouler en tire-bouchon, tant elle était molle. Mais, au summum de l’agitation, elle ne lui fait faire qu’un tour, la base de la cupule se déchire et malheureusement, la cuillère se rigidifie à nouveau quasiment immédiatement.
Depuis, Alice a tordu des cuillères à la main, histoire de comparer, mais si la cuillère chauffait et cassait, elle ne devenait jamais aussi malléable que ce fameux jour où elle a fini par se déchirer.
Elle a aussi réessayé maintes et maintes fois, mais sans succès. À croire qu’elle est maudite et qu’un sort l’empêche de renouveler ses expériences.
Un jour, Alice tombe amoureuse, et là, une série d’ennuis lui tombent dessus.
Un jour, Alice tombe amoureuse, et là, une série d’ennuis lui tombent dessus.
Il se produit des trucs pas nets : les tubes fluorescents se mettent à clignoter à son entrée dans un magasin et se remettent à fonctionner dès qu’elle sort, un saladier en verre trempé explose seul dans son placard au moment où elle entre dans la pièce, un four micro-ondes se met à griller et à biper comme un malade alors que la radio change seule de fréquence et que sur les ondes se fait entendre, comme par hasard, une mélodie appréciée d’Alice et de son compagnon du moment.
Mais bon, Alice met tout cela sur le compte de dysfonctionnements électriques ou de changement de température. Elle a trouvé une explication possible et c’est très bien.
Jusqu’au jour, où une 2nde brèche va s’ouvrir sous les pieds d’Alice. Que dis-je ?, une brèche ?, non, un gouffre…
Alice rentre du travail exténuée, elle était en déplacement et clôturait sa journée par 4 heures de route. C’est là que s’est produit, ce qui va l’ébranler, car elle n’a absolument aucune explication possible à fournir, aucune, et pourtant, Alice est douée pour trouver des explications (au grand dam de certains).
Les sorties OBE, on peut penser que c’est subjectif, les torsions de cuillère, que c’est un échauffement mécanique, le message télépathique que c’était une paralysie du sommeil superposée à une coïncidence, mais là, ce qu’elle va vivre, n’aurait jamais dû se produire.
Sauf à supposer qu’Alice n’a pas toute sa tête (ce que certains auront déjà conclu), mais évidemment Alice ne peut accepter cette hypothèse et son entourage pourrait vous certifier qu’Alice est loin d’être folle.
Vous allez être frustré, cher lecteur, car vous n’aurez pas les détails de ce qui lui est arrivé.
Disons que cela a rapport avec la structure même de la matière et les lois de la physique, lois qui se sont trouvées bafouées. Ce jour-là, Alice s’est rassise sous le choc, n’en croyant pas ses yeux, voulant vérifier par le toucher ce que sa vision lui montrait. Il n’y avait pas de doute, l’impensable s’était produit. Le monde ne serait plus jamais le même.
Depuis Alice s’interroge, a eu l’espoir, vain, de croiser des ET, pour qu’ils lui donnent une explication, puisque la solution n’était pas en vente sur Terre... Mais les ET, s'ils sont fréquents dans ses songes ou sur les réseaux sociaux, ne se montrent guère dans la réalité.
Il faut donc lui pardonner si elle vous parle rêves et synchronicités. Ce registre-là la rassure. Et puis, elle a cru remarquer qu’on pouvait les déclencher à volonté, ces synchronicités. C’est franchement inutile, mais elle se dit que ce n’est peut-être qu’un point d’entrée.
Une fois, cela a été difficile à vivre, quand un rêve, mettant en scène une personne défunte inconnue, personne qu’elle a découverte et reconnue après coup, l’a prévenue de manière codée d’un événement personnel douloureux dans sa famille. Deux suiveurs pourraient témoigner de ce songe inquiétant qu’elle avait évoqué avec eux.
Tout cela pour dire qu’Alice a l’impression que toutes les portes mènent au même point : illusion des sens, de la matière, du temps, vie éternelle, entités intelligentes non dimensionnelles et pouvoir de la pensée.
Mais bon, Alice met tout cela sur le compte de dysfonctionnements électriques ou de changement de température. Elle a trouvé une explication possible et c’est très bien.
Jusqu’au jour, où une 2nde brèche va s’ouvrir sous les pieds d’Alice. Que dis-je ?, une brèche ?, non, un gouffre…
Alice rentre du travail exténuée, elle était en déplacement et clôturait sa journée par 4 heures de route. C’est là que s’est produit, ce qui va l’ébranler, car elle n’a absolument aucune explication possible à fournir, aucune, et pourtant, Alice est douée pour trouver des explications (au grand dam de certains).
Les sorties OBE, on peut penser que c’est subjectif, les torsions de cuillère, que c’est un échauffement mécanique, le message télépathique que c’était une paralysie du sommeil superposée à une coïncidence, mais là, ce qu’elle va vivre, n’aurait jamais dû se produire.
Sauf à supposer qu’Alice n’a pas toute sa tête (ce que certains auront déjà conclu), mais évidemment Alice ne peut accepter cette hypothèse et son entourage pourrait vous certifier qu’Alice est loin d’être folle.
Vous allez être frustré, cher lecteur, car vous n’aurez pas les détails de ce qui lui est arrivé.
Disons que cela a rapport avec la structure même de la matière et les lois de la physique, lois qui se sont trouvées bafouées. Ce jour-là, Alice s’est rassise sous le choc, n’en croyant pas ses yeux, voulant vérifier par le toucher ce que sa vision lui montrait. Il n’y avait pas de doute, l’impensable s’était produit. Le monde ne serait plus jamais le même.
Depuis Alice s’interroge, a eu l’espoir, vain, de croiser des ET, pour qu’ils lui donnent une explication, puisque la solution n’était pas en vente sur Terre... Mais les ET, s'ils sont fréquents dans ses songes ou sur les réseaux sociaux, ne se montrent guère dans la réalité.
Il faut donc lui pardonner si elle vous parle rêves et synchronicités. Ce registre-là la rassure. Et puis, elle a cru remarquer qu’on pouvait les déclencher à volonté, ces synchronicités. C’est franchement inutile, mais elle se dit que ce n’est peut-être qu’un point d’entrée.
Une fois, cela a été difficile à vivre, quand un rêve, mettant en scène une personne défunte inconnue, personne qu’elle a découverte et reconnue après coup, l’a prévenue de manière codée d’un événement personnel douloureux dans sa famille. Deux suiveurs pourraient témoigner de ce songe inquiétant qu’elle avait évoqué avec eux.
Tout cela pour dire qu’Alice a l’impression que toutes les portes mènent au même point : illusion des sens, de la matière, du temps, vie éternelle, entités intelligentes non dimensionnelles et pouvoir de la pensée.
Mais la pauvre Alice ne contrôle rien. Elle ne peut rien prouver car elle subit les événements. «On» la pousse à coups de pied aux fesses dans le tunnel du lapin blanc. Mais son profil scientifique fait que ça coince à tous les tournants.
D’ailleurs elle ne comprend pas où elle va. Elle se sent bien seule et c'est pourquoi elle fait du bruit.
Mais on ne peut pas dire qu’elle ne croit plus en rien, non, elle croit en son vécu et c’est déjà énorme. Beaucoup la railleront, la classeront dans les mythomanes, mettront tout cela sur le dos de son ego. Elle s’en moque. Elle sait.
D’ailleurs elle ne comprend pas où elle va. Elle se sent bien seule et c'est pourquoi elle fait du bruit.
Mais on ne peut pas dire qu’elle ne croit plus en rien, non, elle croit en son vécu et c’est déjà énorme. Beaucoup la railleront, la classeront dans les mythomanes, mettront tout cela sur le dos de son ego. Elle s’en moque. Elle sait.










